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Livre

De la ploutocratie, ou du gouvernement des riches (Ed.1848)

Pierre Leroux

2012

Au dos annonce de la « Revue sociale ou Solution pacifique du problème du prolétariat, publiée par Pierre Leroux ». Pour éditer plus aisément ses écrits, Pierre Leroux qui s'était retiré à Boussac dans la Creuse, y avait établi une imprimerie par association. Première édition en un volume de ce texte historique, paru d'abord en 1843 dans la « Revue Indépendante », qui participa à la consécration doctrinale du Socialisme moderne. LEROUX (Pierre) — De la ploutocratie ou Du gouvernement des riches. — Paris, Editions d'aujourd'hui, 1976. 19 cm, 264 p. (Les Introuvables.) Le socialisme moderne, à l'origine simple conception morale de la société industrielle, reçut sa consécration doctrinale au lendemain de février 1848 avec la parution simultanée du Manifeste communiste et de De la Ploutocratie qui expriment, dans des langages différents, les pôles de la révolution et de la réforme. La première est préconisée par Marx et Engels qui, en prônant la suppression de la propriété privée et donc de la rente, visent à adapter la production à l'utilité sociale. La réforme est défendue ou plutôt illustrée par l'ouvrage de Pierre Leroux qui propose, par la redistribution fiscale de la rente (rémunération du capital), de convertir les besoins réels des travailleurs en demande effective. Pour y arriver, Leroux imagine d'assurer sa subsistance à chaque prolétaire au moyen d'une rente allouée par l'Etat. Le salaire (rémunération du travail)  deviendrait un complément, variable avec les besoins de chacun. L'originalité de ce système tient à la distinction entre capitaliste et propriétaire (confondus dans le système marxien), ce  dernier pouvant être défini comme titulaire d'un revenu ne résultant pas de la vente de sa force de travail (revenu net). Il restait à mettre en pratique ces idées que le député Leroux s'était efforcé de faire prévaloir auprès de ses collègues. Mais la bourgeoisie capitaliste ne devait pas consentir à assurer aux travailleurs salariés cette « couverture sociale » qu'on lui réclamait. Le 2 décembre 1851 mettait fin provisoirement aux espoirs suscités par la recherche de l'égalité économique par l'impôt pour parvenir à l'extinction du paupérisme. Il ne faudrait pas pour autant sous-estimer l'influence que Leroux exerça sur le socialisme français. Co-fondateur du Globe, éditeur de la Revue sociale, ses idées marquèrent ceux de ses contemporains qui cherchaient des formules capables de réaliser la justice sociale sans détruire l'édifice juridique mis en place par la Révolution française. Richard GOMBIN Centre d'étude de la vie politique française contemporaine